L’ABC de la parfaite cuisine

décembre 27, 2009

L’ABC de la cuisine parfaite… marque le premier article d’une série que nous écrirons sur les projets usuels de rénovation tels que la cuisine, les salles de bain, le remplacement des fenêtres, l’aménagement extérieur, l’ajout de moulures, le choix des couleurs, le remplacement et la réparation des planchers, etc… Ces courts articles n’ont pas la prétention de remplacer l’avis des professionnels du bâtiment, mais plutôt de vous permettre de réfléchir davantage à votre projet et vous sensibiliser aux risques d’erreurs coûteuses et facheuses que vous pourriez commettre au stade de la conception de votre projet. Les photos utilisés dans cette article provienne d’une série faite à notre maison par le photographe Françcois Roy du Journal La Presse. Vous pouvez voir toutes les photos de cette série en cliquant sur le lien suivant: http://photos.cyberpresse.ca/montoit/3-241/habitation/jolie-residence-de-westmount/?unique=1307703960177849#enVedette/0/recherche/Rechercher%20un%20album/0/onglets/3/27/album/241/3778/

 Au cours des 10 dernières années, nous avons conçcu des dizaines de cuisines autant pour des particuliers que des professionnels. Nous avons pu valider nos hypothèses, et aussi expérimenter notre propres réalisations, choix d’équipements, et de finitions, en plus d’avoir la chance d’échanger avec de nombreux clients et consultants sur leur propres expériences. Nous espérons que ces observations pourront vous être utiles.

1. Planification – l’organisation de l’espace…

Il faut commencer par identifier les flux de circulation de l’espace, soit l’accès à la salle à manger, et généralement à l’extérieur. Les percements et vues sont à considérer à cette étape.Ensuite, on établie la relation entre les flux de circulation et les pôles d’activité, soit le lavage, la cuisson, et la réfrigération. En général, la réfrigération, le lavage, et la cuisson forment un triangle dont la somme des trois côtés ne doit excéder 25 pieds afin de rester conviviale et pratique. On place la réfrigération a proximité de l’entrée de la cuisine ou de son accès à la salle à manger avec un comptoir attenant. On place le point d’eau au centre ou face à la fenêtre selon les contraintes de l’espace. On privilégie un mur extérieur pour le four, ca rend l’installation de la hotte plus simple.

2. Composition, rythme et ouvertures

 C’est à cette étape que le concept se dessine… Désire-t-on une cuisine ouverte, fermée, conviviale, ou de préparation, showcase, ou fonctionnelle? Désire-t-on un ilot, des armoires ouvertes, fermées, des rangements plein hauteur, etc… En fonction des souhaits établis, le concept s’organise autour des équipements importants (évier, four, frigo, lave-vaisselle, cellier.

Les petits trucs à ne pas oublier :

Si l’espace le permet, isoler le bloc des armoires autour du frigo pour permettre un frigo de 27 ou 30 pouces plutôt que d’avoir à dépenser pour un frigo d’une profondeur de 24 pouces si on désire un visuel harmonieux.

Eviter de coller le frigo contre un mur latéral. Il faut habituellement prévoir un dégagement de 3 à 4 pouces pour permettre, une fois la porte ouverte, d’ouvrir les tiroirs du frigo.

Penser à prévoir du rangement plein hauteur, au  moins 36 pouces de largeur…    On en a jamais assez!

Prévoir 15 pouces de comptoir de chaque côté du four afin de faciliter le travail et simplifier le nettoyage.

Placer le lave-vaisselle à droite de l’évier, le tiroir à ustensile à gauche.

Trouvez un endroit pour le micro-onde, et la cafetière, au début du projet. Ces éléments sont souvent laissés pour compte et gâchent visuellement un résultat qui aurait voulu être harmonieux.

Enfin, il faut prévoir au moins 42 pouces  de comptoir sans interuption ni angle pour avoir une aire de préparation conforable… Couper un piment prend plus d’espace que l’on pense… C’est un must!

3. Le design visuel – Modulation des armoires.

 Il n’y a pas de règles absolues, mais l’expérience nous porte à croire que la régularité des armoires hautes (au dessus du comptoir)  est plus importante que celle des armoires basses, puisqu’elles sont à la hauteur des yeux. Pensez donc à ces armoires en premier, en débutant avec celles qui entoure la hotte de cuisine. Une bonne largeur de porte est 15 pouces, au pire 18, jamais moins de 12 pouces ou plus de 21 pouces. Le deuxième espace à considérer est le secteur de l’évier. Ensuite on enchaine avec le reste.

 En hauteur, les armoires hautes sont idéalement 16 pouces du comptoir, afin de donner un bon dégagement visuel malgré la norme à 12 pouces. (Ne pas oublier le cache néon qui mesure environ 2 pouces de hauteur). Si vous en avez la possibilité, étirez les armoires jusqu’au plafond, ce qui donne plus de rangement, en plus d’éviter la poussière.  Cette règle s’applique à la norme 24 pouces de profondeur pour les armoires basses et 12 pouces pour les armoires hautes. Si l’espace vous le permet, en utilisant 27 pouces de profondeur pour les armoires basses et 15 pouces pour les armoires hautes (tellement mieux pour les assiettes de service!) cette dimension monte à 18 pouces au minimum.

Enfin, la correspondance des lignes verticales entre les armoires hautes et basses n’est pas une règle absolue, voir même difficilement réalisable. Tentez plutôt, pour les armoires basses, d’avoir un rythme régulier avec des modules variant entre 15, 18, et 24 pouces. Un bon truc consiste à prévoir un panneau de tiroir de 5 pouces continu sous le comptoir afin d’appuyer visuellement la ligne du comptoir. Ce panneau de tiroir peut être attaché à une porte ou encore à un tiroir selon l’usage de l’espace.

Le coup de pied est essentiel au bas des armoires. Cependant, il est recommandé de l’arrêter sur une paroi solide lorsque l’on peut l’apercevoir de côté.

Le positionnement de la poignée se fait selon une méthode précise… ne pas laisser cette initiative à l’installateur..  Eviter les façades de tiroirs trop basses puisqu’elles limitent l’opportunité d’y placer une poignée. Eviter également les modèles de porte trop moulurées… elles sont dispendieuses en plus d’être diffile d’entretien. Au pire… si vous y tenez vraiment, garder les pour l’office ou la pantry (espace de service transitoire entre la salle à manger et la cuisine).

 Enfin, attention aux accessoires de quincaillerie pour les cuisines. Ces accessoires sont très couteux et comme dans tout commerce, c’est avec les options que les profits sont réalisés.

4. Les plans de travail

 Quartz, marbre, stratifié, acier inoxidable, béton, granit, bois, plastique, les options sont infinies… et les budgets aussi.

 La première règle… choisir un matériau pour ce qu’il est… les stratifiés imitant les bois naturels ou granit sont généralement des erreurs comme les quartz imitant le granit.

La deuxième règle, l’entretien. Le marbre peut être magnifique… mais requiert un  constant souci d’entretien du à sa porosité et sa faible protection aux acides. Il  peut toutefois faire le meilleur comptoir à pâtisserie… Le granit est un très bon choix, mais ses couleurs et veinage ne plaisent pas à tous. Dans les cas ou vous choisissez un matériau pourvu de veinage, renseignez vous sur la modulation du veinage lors des coupes des dalles de marbre. Si possible, demandez pour un assemblage en ‘book match’. Plus dispendieux, mais comment plus réussi. Le quartz est notre choix pratique et esthétique… car il représente le meilleur compromis pour une cuisine moderne. Nous avons aussi utilisé le bois dans certains projets d’allure rustique… c’est très bien mais fragile…

5. Les dosserets

Encore une fois… les possibilités sont infinies… Puisque c’est l’élément qui a un très grand impact visuel dans la cuisine, il est recommandé d’y aller avec sobriété et intemporalité… Eviter les choix tendances et les motifs à la mode…  Ces éléments se démoderont rapidement et donneront à votre projet un look dépassé très rapidement… ce qui est malheureux compte tenu de l’argent investi.

6. L’éclairage

La règle d’or… il n’y en aura jamais trop… Diversifiez les sources avec des contrôles individuels munis de gradateurs et vous pourrez contrôler l’ambiance recherchée selon l’activité que vous pratiquez dans la cuisine (préparation, entretien, repas, cocktails, etc.).

Les encastrés doivent être positionnés environ 6 pouces devant les comptoirs pour éviter les ombres projetées lorsque vous préparer la nourriture. Doublez ou triplez  la rangé pour assurer un éclairage uniforme dans la pièce. Choisissez un encastré qui est ‘recess’ c’est-à-dire dont l’ampoule est caché dans le réceptacle. Ce type d’appareil dissimule la source de lumière et n’est pas       éblouissante lorsque vous regarder le plafond.

Les chandeliers ou suspensions sont d’office au dessus d’un ilot mais prévoyer tout de même des encastrés pour éviter les zones sombres, surtout sur l’ilot qui doit être le centre d’attention.L’éclairage sous les armoires est un must. A ne pas oublier.  Enfin, l’éclairage dans les armoires vitrées peut également donner une touche feutrée et raffinée à votre projet. L’usage de miroirs peut augmenter ce type d’effet.

7. Céramique ou bois franc, liège ou autre…

Le combat entre confort et facilité prend tout son sens ici… La céramique est une évidence pour tous mais comporte deux désagréments importants… soit… sa dureté pour les genous. Les pros vous le confirmeront… les planchers en céramique n’ont aucune absorption des vibrations, transférant ainsi aux articulations les chocs multiples des nombreux pas qu’on y fait. Une bonne paire de chaussure peut limiter ce problème, mais il n’en reste que cette situation est loin d’être idéale. L’autre problème… son aspect froid que nous devons mitiger avec l’ajout d’un plancher chauffant. Évidement, lors d’une rénovation, vous aboutirez avec un seuil… puisqu’il vous sera impossible de conjuguer avec l’épaisseur des parquets existants… ce qui n’est pas toujours intéressant si vous optez pour un concept à aire ouverture ou vous devrez implanter une délimitation forte.  Autre préconception, les planchers chauffants ne sont pas conçus pour chauffer… mais pour offrir un confort. La température requise pour chauffer un espace seulement par l’emploi du plancher chauffant risque d’engendrer la transpiration sous les pieds…

Si vous optez pour le bois… un plancher fini à l’huile ou à la cire sera plus facile à entretenir, préférablement avec une finition patinée pour camoufler les petits accidents du quotidien.

Alors voila pour les conseils qui vous mèneront vers une cuisine bien pensée, agréable, et fonctionnelle. Que le style soit zen ou rococco, les principes énoncés guiderons vos décisions vers un espace cohérant, fonctionnel et agréable.

M+R

Une Réponse à “L’ABC de la parfaite cuisine”

  1. Brigitte Patenaude a dit

    Excellente chronique Maxime avec des trucs très utiles!

    Brigitte

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